Les métiers d'autrefois

BERGER

Le métier de berger plonge ses racines dans le Néolithique, lorsque nos ancêtres se sédentarisent en pratiquant l’élevage. Longtemps les pratiques et l’outillage restent inchangés, jusqu’au XIXème siècle où la modernisation modifie peu à peu cinq mille ans de tradition pastorale.

La transhumance
Le berger est avant tout pluri-actif. En effet, encore au début du XXème siècle, avoir la garde d’un cheptel implique soin des bêtes et protection contre les prédateurs, parallèlement à la fabrication de beurre et de fromage avec une partie du lait des traites, spécifique aux zones montagneuses. Les troupeaux communaux ou intercommunaux y sont confiés à plusieurs pâtres, sous la responsabilité d’un majoral (maître berger), qui se voit généralement confier la transhumance et la confection des produits laitiers.
La transhumance est, en montagne, la première étape du berger : conduire les bêtes en altitude pendant tout l’été, là où les pâturages poussent avec un léger décalage et fournissent toujours une herbe tendre. Les vaches précédent les ovins car, contrairement à eux, elles ne broutent pas la totalité de l’herbe dans sa hauteur. Une fois tondues et marquées à la poix, les brebis sont ensuite menées à leur tour en haute montagne.

Un outillage réduit au minimum
Suivant les déplacements de son troupeau, le berger se trouve éloigné des zones habitées pour une durée variable. Il doit donc garder sur lui le matériel indispensable à la vie quotidienne. Celui-ci consiste surtout en produits et ustensiles médicaux nécessaires pour d’éventuels soins urgents à apporter aux bêtes, comme les cornes à vitriol.
Une tapisserie française du XVIème siècle montre bergers et bergères portant chacun une ceinture à laquelle sont attachés divers outils : couteau, pinces, ciseaux, petites sacoches, peignes, etc. Cette technique disparaît ensuite au profit du simple sac, souvent confectionné par le berger lui-même, et porté soit à l’épaule, soit en bandoulière, ce qui permet une complète mobilité des bras. Il a aussi à sa disposition des récipients divers, faits dans des essences de bois, différentes selon les endroits ; de même les gourdes, les louches, les cuillères et les spatules qu’il utilise ont une forme et des motifs propres à chaque région.
Lors de la transhumance, le pâtre de montagne habite temporairement plusieurs cabanes, ou bien des igloos de pierres, les orris en Ariège - plus rarement, il dispose d’une cabane portative (voir page de droite). Il emporte alors le strict minimum en matière d’objets ménagers, une simple écuelle de bois agrémentée d’une poignée (absence de table oblige), une cuillère de bois et, pour les périodes plus récentes, un batteur culinaire, une tabatière en écorce de bouleau.
Ses activités de fromager lui imposent également un matériel de fabrication un peu plus important, qu’il fabrique souvent lui-même : planches-égouttoirs, moules, tranche-caillé... Par ailleurs, il dispose de montres solaires, encore utilisées au début du XXème siècle par les bergers pyrénéens.

Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.