Les métiers d'autrefois

BOURREAU

Bourreau... Si le métier a toujours compté peu de membres, il occupe dans la littérature comme dans l’imaginaire collectif une place considérable : pilori, décapitation, pendaison... marquent ainsi nos grands romans d’aventures. Quant au bourreau, il vit le plus souvent comme un paria.

"Le vilain est pendu, le noble décapité"
La peine de mort, abolie en France en 1981, s’inflige sous l’Ancien Régime par pendaison ou, s’il s’agit de nobles, par décapitation. Mais le bourreau doit aussi parfois réaliser des exécutions dites "cruelles" en cas de crime "énorme" : peine d’être tiré à quatre chevaux pour les coupables de lèse-majesté ; peine du feu vif contre les coupables de sacrilège, parricide, crime contre nature, empoisonneurs et incendiaires ; peine de la roue (à partir de 1534) pour les voleurs de grand chemin et les assassins... Le plus souvent, la décision de justice demande au bourreau d’étrangler en secret le condamné sur l’échafaud de sorte que la "mort cruelle" ne frappe qu’un cadavre tout en conservant ses vertus d’intimidation.
C’est aussi au bourreau que revient l’accomplissement des peines corporelles : le fouet avec la marque ou la flétrissure du fer chaud ; le fouet "sous la custode" infligé sans publicité au mineur délinquant ; le poing coupé en cas de sacrilège ou faux ; la langue percée ou coupée appliquée au blasphémateur récidiviste ; la peine d’être traîné sur la claie pour le corps des suicidés ; la pendaison sous les aisselles pour les mineurs auteurs de crimes graves mais que leur âge soustrait à la mort ; la peine d’être promenées par les rues sur un âne pour les femmes proxénètes ; enfin le carcan et le pilori où sont exposés les condamnés.

Bourreau : un métier qui a mille ans
La profession de bourreau apparaît entre le Xème et le XIIIème siècle, selon les villes, au fur et à mesure que celles-ci ressentent le besoin d’engager un homme à plein-temps pour exécuter les sentences.
Mais, si la foule réclame la mort des coupables, celui qui la donne est traité en paria. Le bourreau doit porter sur ses vêtements des marques bien visibles indiquant son métier, parfois même un costume spécial ; on lui interdit d’habiter dans la ville sauf la maison du pilori, souvent construite sur la place centrale. Sa femme et ses enfants sont également exclus des écoles et chassés des boutiques. L’Église seule les traite comme les autres : on les baptise, les marie et les inhume avec la bénédiction du prêtre.

L’apparition de la guillotine
C’est Louis XVI qui autorise l’utilisation de la guillotine, comme moyen plus sûr et plus humain de donner la mort. Elle va fonctionner jusqu’à la fin du XXème siècle, la peine de mort étant abolie en 1981. Marcel Chevalier sera le dernier exécuteur français, entré en fonction en 1976 selon une tradition six ou sept fois séculaire, dans le respect de règles familiales ancestrales.

Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.