Les métiers d'autrefois

BOURRELIER, SELLIER, HARNACHEUR

Bourrelier, sellier, harnacheur, trois activités réunies sous un même toit et par un même homme. Trois métiers indispensables dans le monde traditionnel rural et les transports d’antan. Au XIXème siècle, à la campagne comme en ville, cet artisan polymorphe est donc bien présent.

Bourrelier des champs, bourrelier des villes
À la campagne, au XIXème siècle, l’artisan bourrelier fournit une importante clientèle de rouliers (voituriers par terre), de muletiers et d’agriculteurs. Il répare et confectionne les bâts et les harnais des bêtes de somme, les colliers et les guides des chevaux qu’on attelle à la charrue, aux charrettes et aux tomberaux, indispensables aux rudes travaux des champs. Il "habille" chevaux de travail, voitures et moissonneuses. Il fait un travail d’usage, où la solidité prime sur l’élégance. Souvent, il travaille seul, parfois aidé d’un ouvrier, toujours secondé par sa femme.

En ville, le sellier-harnacheur tient le haut du pavé. Il habille les chevaux de selle et les fiacres. Il fabrique des harnachements et des harnais de luxe, qui rehaussent l’éclat des équipages. Autant de signes de distinction fort prisés par une clientèle fortunée. Sa position sociale n’est pas comparable avec celle d’un bourrelier de village, encore moins avec celle des ouvriers bourreliers nombreux à travailler pour un maître sellier ou dans les compagnies (mines, omnibus, pompes funèbres), qui ont leurs propres ateliers chargés de la fabrication et l’entretien des harnais des chevaux de trait. Maîtres selliers et ouvriers sont également nombreux dans l’armée.

L’atelier d’un bourrelier de campagne
Le bourrelier d’un bourg dispose ordinairement de deux pièces pour exercer son métier : une boutique sur rue et un atelier sur cour. C’est là qu’il entrepose et travaille les différents matériaux qu’il utilise : les cuirs (en général de boeuf et de vache), les bois, les toiles et les sangles, les boucles, les anneaux d’attelle en fer et en cuivre, les différentes pièces de fer et les mors, mais aussi les grelots et sonnettes qu’il a commandés au fondeur. Sont aussi présents les nombreux accessoires qui servent à la décoration des harnachements, clous dorés, houppes, glands, franges, utilisés surtout pour les mariages et les fêtes.
Les bâts, les attelles et les arçons, souvent en bois de hêtre, sont fournis tout ébauchés au bourrelier qui n’a plus qu’à les ajuster. Différents tissus (toiles caoutchouc, moleskines, siamoise, toile forte, feutre...) côtoient les matériaux de rembourrage et matelassage (paille, crin et bourre). Toutes sortes d’outils sont accrochés aux murs : scies à bois, à métaux, tenailles, vrilles, villebrequins, rabots, rapes à bois, ainsi que des outils spécifiques pour tracer, couper, coudre et rembourrer. Établis, patrons, billotet, machine à coudre complètent ce petit inventaire.

Extrait du chapitre concerné, dans l’ouvrage Les métiers d’autrefois, de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean, Archives et Culture.